Quand le progrès étouffe le plaisir

Posté le Tue 14 April 2026 dans Humeur
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J'ai toujours aimé les problèmes complexes. Ceux que personne ne veut toucher, ceux qui demandent de se casser la tête, de fouiller au fin fond de la documentation (quand elle existe), d'enchaîner les échecs avant de trouver la bonne idée qui débloque tout. C'est d'ailleurs en partie pour ça que j'ai choisi l'informatique : pour résoudre des problèmes complexes de manière simple et élégante. D'autres s'arracheraient les cheveux. Pour moi c'est vraiment un plaisir.

Sauf qu'aujourd'hui, on n'en est plus là...

La complexité des problèmes à résoudre, elle, est toujours bien présente. Mais elle est désormais recouverte de couches successives : infrastructure, communication, sécurité, processus... Au point qu'il devient presque impossible de se concentrer sur l'essentiel sans être constamment perturbé. Combien de fois ai-je vu la moitié de mon énergie et de ma motivation s'envoler avant même de pouvoir attaquer la tâche ? Il faut d'abord se double-authentifier sur trois sites différents, comprendre pourquoi le proxy bloque ma connexion, redémarrer le VPN qui a planté, tout en gérant les notifications qui s'empilent sur Discord, Teams et par mail.

Et ce n'est que le début... Le problème est enfin résolu ? Il faut encore attendre la revue de code, s'assurer que tous les outils de linting sont satisfaits, intégrer les remarques de Sonar, chiffrer les mots de passe avant de pousser sur GitLab... pour se rendre compte qu'on a oublié de basculer sur la bonne branche, parce qu'il y avait une branche spéciale pour la release cette fois-ci, mais que l'info est passée à la trappe.

Je ne nie pas l'utilité de toutes ces étapes. L'informatique a évolué, la qualité et la sécurité sont devenues des priorités, et c'est une bonne chose. Mais il y a vingt ans, je ne me suis pas engagé dans ce métier en imaginant ça. La créativité et la spontanéité des débuts ont cédé la place à une machine lourde, parfois ennuyeuse, et avouons-le : un peu décourageante.

Aujourd'hui, je me demande... pourquoi tout se complexifie-t-il avec le temps ? Pourquoi une solution simple et efficace ne peut-elle jamais rester simple et efficace ? Pourquoi vouloir toujours faire plus, plus vite, plus sécurisé... pour finir avec une complexité qui explose de manière exponentielle, et des coûts qui suivent la même courbe ?

Perso, je reste persuadé que la simplicité est la clé. Mais malheureusement, à force d'ajouter des couches, on finit par oublier ce qu'il y avait au départ : le plaisir de résoudre un problème, tout simplement.